Rapport Moral 2010/2011 de l’association - Assemblée Générale - Tizac - Janvier 2012 : Un triple A qui va bien !
Alors certes, Résilienfance a 7 ans cette année… l’AGE DE RAISON dit-on et il est bien possible que cette jeune maturité explique notre sérénité et notre stabilité. Les années précédentes ont été marquées par de grands projets, de grands changements, des arrivées, des départs… mais les deux dernières ont été celles du « centrage » comme le dirait les thérapeutes, des années de restructuration mais aussi d’anticipation de l’avenir ! Notre association est plus autonome et notre action se centre aujourd’hui sur des projets spécifiques à la formation de nos intervenantes. Nous nous sommes beaucoup cherchés et peut-être un peu « éparpillés » mais nous avons aujourd’hui trouvé notre chemin et c’est bien cela l’essentiel ! C’est la raison pour laquelle nous souhaitons vous soumettre aujourd’hui des modifications relatives à nos statuts et à notre objet social !
Sachez également que cette maturité associative ne nous empêche pas de continuer à être audacieux, créatifs, et critiques, à afficher haut et fort nos opinions et à parfois nous désolidariser de projets qui ne sont pas en accord avec nos valeurs et notre engagement ! Une liberté de pensée qui nous permet de faire des choix et de les assumer dans un milieu où il n’est pas toujours aisé de se faire une place !
Mais ce qui reste immuable c’est notre engagement auprès des bénéficiaires de notre action, notre volonté farouche d’accompagner cet autre fragilisé par la vie dans une société où la souffrance et le mal-être n’ont jamais été aussi présents ! Et l’animal est pour cela un partenaire précieux ! »
Rapport Moral 2009/2010 de l’association - Assemblée Générale - Tizac - Janvier 2011
Accompagner c’est porter un regard bienveillant, empathique, non jugeant mais c’est également considérer l’autre comme un être singulier, avec des ressources et des potentialités, capable de changement car rien n’est déterminé. Résilienfance dans ses fondements même porte cette croyance en l’autre, l’espoir que les choses peuvent changer grâce au lien, au soutien et à la solidarité. Chez Résilienfance, nous avons donc à cœur d’accompagner cet autre, si jeune, fragilisé par la vie et nous l’accompagnons d’une manière un peu originale : avec l’animal. Un médiateur vivant non jugeant qui accepte l’individu comme il est et non comme il devrait être !
Depuis cinq ans, la confiance de nos partenaires est sans cesse renouvelée, les bienfaits de nos actions ne sont plus à démontrer et les besoins sont bien là. Des besoins certes mais pas de moyens pour y répondre… Des financements qui diminuent chaque année… Mais nous continuons d’avancer. « Indignez-vous » nous dit Stéphane Hessel et « créez » car « créer c’est résister et résister c’est créer » ! Alors nous créons et nous résistons ! Nous nous indignons car c’est comme cela que l’on devient « militant, fort, engagé ». Par votre présence et votre soutien, vous vous indignez avec nous alors surtout continuez car tout cela est possible grâce à vous et on en a besoin ! »
Discours d’ouverture des cinq ans de Résilienfance - Nicolas PEREZ - Président de Résilienfance - Tizac - Juin 2010
Laurence Tachon - Enseignante en classes de Grande section à l’école maternelle Lac 2 - Bordeaux - Juin 2010
Même pour un animal que nos élèves ont plus de chance de côtoyer comme le chien, les discussions au cours des ateliers ont fait émerger de façon plus tangible l’importance de certaines notions courantes et essentielles pour un adulte mais moins évidentes pour nos plus jeunes comme l’hygiène ou le respect de l’animal et par cela même le respect de l’autre et de son propre corps. Les élèves se sont sentis en confiance avec le chien et même ceux qui avaient de l’appréhension, ont réussi avec les encouragements de leurs pairs à s’approcher de l’animal et à avoir un contact amical et serein. Pour les ateliers poneys, l’intérêt était naturellement plus vif parce que la rencontre avec cet animal est moins courante et l’animal est ainsi plus attractif.
Les dessins réalisés par les élèves ont montré, par leur degré de réalisation supérieur à ceux que nous avons habituellement, un effort d’observation et de représentation du réel.
Le champ lexical de nos élèves s’est enrichi plus durablement pendant ces ateliers en relation direct avec l’animal .Chacun s’est impliqué dans les séances. Même si quatre séances poneys sont un peu justes pour que les grands de l’école puissent pleinement profiter des acquisitions qu’offrent ces rencontres, le résultat est satisfaisant quant au développement de la confiance en leur propre personne ainsi que dans l’estime qu’ils portent sur leurs performances pendant la durée du travail avec l’animal. Enfin en tant qu’enseignants, nous avons là une situation où tous les élèves partent sur un pied égalitaire au niveau de la communication : quelque soit la langue dans laquelle nos élèves sont élevés, ils doivent faire le même effort pour essayer de communiquer, comprendre les attitudes, les réactions des animaux ».
Les enfants et l’équipe du Centre Social et Culturel du Bas Floirac - Juillet 2008.
Ils étaient accompagnés de leurs animateurs et de Sandie. Sandie, on la connaît, elle fait partie de l’association « Résilienfance » qui aide des groupes à se sentir bien avec les animaux. On aime bien quand elle est là car elle nous aide à se connaître et à s’apprécier.
On s’est même dit « tient ce groupe, on va les voir souvent ». Mais le plus rigolo pour nous a été la première séance. Dès que notre monitrice nous a sorti des boxes… Alors là !!! Plus un bruit !!!
On ne les entendait plus, ils ne bougeaient plus, tétanisés les jeunes, ils osaient à peine nous approcher. Avec mes copains, on s’est mis à hennir comme un rire ! Heureusement Sandie les a détendus.
Enfin on a passé une année avec eux, et bien, on les aime bien. Ils sont chouettes ces gamins. Ils nous bichonnent, nous encouragent, ils nous confient leurs secrets. Du coup, on a été sympa nous aussi, on les a portés au pas, au trot, au galop même en voltige et bien à force, ils n’avaient même plus peur. Mais ce que l’on a aimé le plus c’est qu’ils nous portaient du pain et des carottes de chez eux, c’est chouette NON ?!
Ils nous ont parlé de leur projet pour 2009, ils veulent rencontrer les derniers chevaux sauvages de la race PREZWALSKI en Mongolie.
On est un peu jaloux, car on ne pourra pas les suivre, comme ils nous ont expliqué ils vont déjà avoir du mal à rassembler de l’argent pour eux tous. Alors vous comprenez pour nous en plus …
Ce n’est pas grave, ils ont promis de nous écrire et puis nous, on ne va pas faire de jaloux, ils viennent nous voir à chaque vacance scolaire. Ah ! Si l’on pouvait les adopter ces jeunes !!! »
Karine Pareil - Classe de Grande et Moyenne Section à l’école maternelle Lac 2 - Bordeaux - Juin 2008
J’ai pu observer que cette approche des animaux permet à certains enfants d’affronter leurs peurs entourés d’une équipe à leur écoute et de leurs camarades. La confiance en soi se construit au travers des activités proposées que ce soit donner une récompense ou donner un ordre et le faire respecter par un animal.
Les élèves n’ayant pour la plupart pas d’animaux chez eux ce sont tout de suite intéressés dans les tâches qui leur étaient demandées. Cette forte implication facilite les apprentissages que ce soit au niveau de la socialisation comme des connaissances dans divers domaines (langagiers, découverte du monde).
L’action de cette association me semble complémentaire aux enseignements, à l’action de l’école, surtout dans les quartiers dits difficiles.
Stéphanie - Grande Section à l’école maternelle Lac 2 - Bordeaux - Juin 2008
- Développement progressif d’une attention soutenue à l’égard de la présence animale : même les enfants ordinairement les plus agités dans le contexte scolaire ont appris à canaliser des réactions impulsives dans le respect de la rencontre avec l’animal.
- Prise de conscience des caractéristiques de l’animal comme « être vivant » qui manifeste des réactions identifiables par l’observation du comportement : les enfants ont été amenés à verbaliser des émotions en liaison avec l’interaction animale (la peur, le doute, la satisfaction) et à prendre en considération leurs besoins et leurs attentes (sens des responsabilités).
- Mise en place d’une forme de communication adaptée : les élèves ont fait l’expérience d’un contact positif avec l’animal (le chien puis le poney) faisant apparaître l’intérêt de la coopération et de l’entraide dans un objectif satisfaisant pour chacun (c’est-à-dire partager une complicité avec l’animal). Constatant les bénéfices de ces activités à l’école et dans un souci de continuité pédagogique, nous souhaiterions donc poursuivre le travail engagé avec l’Association « Résilienfance » afin d’approfondir et de consolider l’année prochaine les compétences abordées.

